17/03/2006

Histoire de la bipédie

Histoire de la bipédie.

 

Quand la bipédie est-elle devenue le moyen de locomotion de l’homme? On a longtemps donné raison à la théorie selon laquelle la bipédie est apparue lors de la séparation de l’Afrique par la faille nommée le grand rift. L’Afrique est séparée en une région ouest qui reste habitée par une forêt tropicale où le moyen de locomotion idéal est la quadrupédie et le déplacement dans les arbres. A l’Est, apparaît la savane dans laquelle nos ancêtres se sont redressés pour pouvoir voir au loin leurs proies, mais surtout leurs prédateurs. Cette théorie, notamment relayée par le professeur Yves Coppens, fait de la bipédie le début de l’évolution vers l’homme actuel. Se redressant, notre ancêtre se libère les mains, commence à les utiliser, à fabriquer. La boîte crânienne s’horizontalise et le cerveau augmente de volume progressivement.

 

Mary Leakey a découvert à Laetoli, en Tanzanie, des traces de pas attribuées à Australopithecus afarensis et datant de 3,5 millions d’années. Lucy, célèbre fossile découvert par l’équipe du professeur Coppens est de la même époque.

 

En 2001, au Kenya (toujours à l’Est du grand Rift) les anthropologues Senut et Gommery découvrent les restes fossiles d’un hominidé datant de 6 millions d’années. D’après eux, cet hominidé appelé Orrorin tugenensis, était capable de pratiquer la bipédie.

 

En 2002, coup de théâtre, Michel Brunet et son équipe découvrent au Tchad, donc à l’ouest du grand rift un autre australopithèque de 7 millions d’années, probablement capable de bipédie.

Toumaï, c’est le nom qu’on lui donne, remet donc en cause la théorie du professeur Coppens. Cet hominidé, scientifiquement appelé Sahelantropus tchadensis devient à ce moment le plus ancien piéton connu.

 

Mais c’était sans compter sur l’hypothèse de Yvette Deloison qui secoue le petit monde de la paléontologie. Spécialiste en biomécanique du membre inférieur, elle a étudié la marche chez les grands singes et propose l’hypothèse que la bipédie existe depuis bien longtemps et ne succède pas à la quadrupédie. Le pied des grands singes est très spécialisé au déplacement dans les arbres avec un premier orteil opposable aux autres. Ce degré de spécialité ne permet pas d’imaginer qu’il puisse évoluer vers un pied bipède pur. Le pied humain est très différent avec un premier orteil non opposable. Ces éléments, compte tenu de la loi d’irréversibilité de Dollo poussent l’auteur à proposer un ancêtre bipède beaucoup plus ancien que Toumaï, datant de plus de 15 millions d’années (bien qu’on en ait pas trouvé de fossile). Par ailleur, son analyse des traces de Laëtoli est formelle, il ne s’agit pas de traces d’hominidés proprement bipèdes, mais plutôt de quadrupèdes momentanément sur leurs deux pattes arrières. Les australopithèques auraient eu des pieds plus proches de ceux des grands singes c’est à dire bipèdes accessoires.

 

Yvette Deloison propose donc une bipédie datant de 15 millions d'années qui évolua sous trois formes: une bipédie stricte qui donna les hominidés, une quaadrupédie qui donna les grands singes actuels (orang-outangs, gorilles,...) et une bipédie mixte qui donna les australopithèques.

La bipédie serait donc beaucoup plus ancienne que nous le pensons… … à suivre !

_______________________________Auquier Hervé_______

00:10 Écrit par RVOK | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |